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Exposition ONE SHOT > Football & Art contemporain

"Jeu devenu spectacle de masse à l’échelle planétaire, le football est configuré comme une véritable dramaturgie, capable de captiver des millions de spectateurs dans le monde."



B.P.S.22_ONE SHOT© Leslie Artamonow
B.P.S.22_ONE SHOT© Leslie Artamonow
Le B.P.S.22, espace de création contemporaine de la Province de Hainaut (Charleroi), programme, du 6 mars au 11 juillet 2010, une importante exposition consacrée à l’art contemporain et au football. Loin de se limiter à vouloir coller à l’actualité sportive (la Coupe du Monde de football), ce projet, intitulé One Shot !, aborde les nombreuses facettes de ce sport populaire en lien avec de multiples enjeux du monde contemporain. Il met également en évidence la relation qu’entretiennent les artistes actuels avec l’univers du football.


Sport le plus populaire dans le monde, le football rassemble un nombre inestimable de fervents supporters ou de spectateurs occasionnels. Cette popularité, accentuée par une couverture médiatique importante, s’est encore accrue, en Europe, avec la victoire de la France « black-blanc-beur », lors du Mondial 98. Cette même victoire a également achevé de réconcilier les couches de populations autour du ballon rond : alors que les décennies précédentes ont été marquées, dans les pays francophones principalement, par une certaine culture intellectuelle « anti-football », ce sport bénéficie aujourd’hui de l’attention de tous les milieux. En attestent les nombreuses productions artistiques ou œuvres littéraires parues depuis plus d’une décennie.

One Shot ! témoigne de cette popularité du ballon rond mais n’est en rien une exposition consacrée à la gloire de ce sport. Ce projet se propose plutôt de rechercher les résonances du monde contemporain dans le football. Nombreux sont en effet les artistes, aussi bien hommes que femmes, qui, à un moment de leur carrière, ont fait du football le sujet central de leur œuvre ou, plus simplement, l’ont utilisé comme source visuelle. Une quarantaine de pièces d’artistes originaires des quatre coins du monde, dont Wim Delvoye (Belgique), Massimo Furlan (Suisse), Kendell Geers (Afrique du Sud), Douglas Gordon (Royaume-Unis) et Philippe Parreno (France), Taku Anekawa (Japon), Javier Rodriguez (Mexique), etc. sont ainsi rassemblées dans les deux espaces d’exposition du B.P.S.22. Occupée jusqu’il y a peu par une peinture de Jean-Luc Moerman, la grande salle accueille des projections sur grands écrans tandis que le hall principal reçoit les sculptures, peintures, photographies, dessins, etc.

Point de départ de l’exposition : deux œuvres emblématiques qui illustrent, notamment, cette progressive installation du football dans le paysage médiatique — un portrait vidéo de Zidane par Douglas Gordon et Philippe Parreno et un portrait vidéo de George Best par Hellmuth Costard. Entre ces deux œuvres filmées, plus de trente années se sont écoulées, marquées par des évolutions fondamentales du monde, dont l’exposition présentée au B.P.S.22 se veut être l’écho au travers d’œuvres qui abordent ou interrogent le football et ses connexions.

Quantités de facettes liées à ce sport ont ainsi été explorées et sont présentées au B.P.S.22. Parmi elles, la dimension rituelle des supporters, les liens entre politique et football, la violence de certains « ultras », l’aspect ludique et convivial de ce sport, sa part émotive liée aux souvenirs et à l’enfance, la célébration médiatique de certaines phases de jeux, la corruption financière, les traditions populaires, les enjeux financiers des grandes marques et les conditions de production du merchandising, les clichés de genres, etc.

Exposition ONE SHOT > Football & Art contemporain
Le football, métaphore du monde

L’hypothèse de départ de cette exposition est que le football, tel qu’il est aujourd’hui médiatisé, pourrait condenser métaphoriquement les enjeux du monde contemporain
. Au départ de ce postulat se sont imposées les premières œuvres de One Shot ! : deux portraits vidéos, séparés par trente années, qui témoignent des transformations du monde moderne.

Une première œuvre filmée, celle du réalisateur allemand Hellmuth Costard, suit, en 1970, le footballeur anglais George Best durant un match contre Coventry City : six caméras 16 mm sont dirigées en plan serré sur l’attaquant-vedette de Manchester United durant toute la rencontre. George Best est alors maître de son espace-temps et le montage très fluide, alternance de brèves accélérations et de phases de récupération, suit le rythme de celui que l’on appelait le « 5ème Beatles ». George Best incarne alors, au travers de cette œuvre, cette conception moderniste de l’individu unique, paré d’une identité singulière, dont les marques sont ancrées dans une société aux repères tangibles.

A l’inverse, en 2005, les artistes Douglas Gordon et Philippe Parreno utilisent dix-sept caméras pour suivre le français Zinedine Zidane lors d’un match de son dernier club, le Real Madrid, contre Villareal. Ils livrent ainsi le portrait d’un individu surmédiatisé. Le rythme du film est rendu haletant, voire explosif, par un montage qui emprunte à la fois au clip vidéo et à l’esthétique du jeu électronique. Le joueur semble soumis à un rythme qui lui est extérieur, imposé par les codes médiatiques du monde actuel. Si le film Zidane. Un portrait du 21e siècle a déjà été présenté à maintes reprises, l’installation muséale qui lui est associée, faite d’une double projection vidéo, renforce le sentiment d’explosion individuelle, par la multiplication des images. Zinedine Zidane incarne alors cet individu éclaté de l’ère postmoderne, dont l’individualité plurielle slalome entre les différents modèles identitaires d’une société multiple et complexe.


Le football, sport populaire


Aux côtés de ces deux portraits vidéos « phares », projetés sur de très grands écrans, sont présentées des pièces explorant chacune un aspect du football actuel, susceptibles d’éclairer des problématiques du monde contemporain. Comme il l’a souvent été écrit « Le monde est rond comme un ballon », et le football devient pour les artistes le miroir des situations et transformations du monde actuel. En témoigne la sélection d’oeuvres présentées dans le cadre de One Shot ! (plus de cinquante), et le foisonnement de pièces qui existent en référence, plus ou moins explicite, à ce sport.

Il est important de préciser que cette exposition n’est ni une exposition « anti-football », ni une célébration du sport-roi ; même si elle est le fait d’amateurs de ce sport ! Elle est davantage la résultante d’une transformation générale des rapports entre les « élites culturelles » et la culture de masse. Si les années 70-80, voire les décennies précédentes, ont été marquées par une certaine culture intellectuelle « anti-football », principalement dans les pays d’expression francophone , les années 90 ont connu un revirement important. Celui-ci s’explique par l’émergence d’une génération d’artistes nourris, dès leur plus jeune âge, à la culture médiatique (la télévision) au sein de laquelle le sport, en particulier le football, est un élément incontournable. Assumant totalement ou même partiellement leur héritage pop, les artistes actuels abordent tous les domaines de la vie sociale, dont le football.


Le football, par les œuvres


Nombre de phénomènes actuels sont donc explorés par le prisme du ballon rond. C’est le cas de l’aspect rituel des supporters à travers une vidéo de Stephen Dean, tournée lors des derbys de Rio de Janeiro, ou de la violence de certains « ultras », abordée par une œuvre du jeune artiste italien Andrea Mastrovito. A l’ombre des terrains, la corruption financière et les liens entre politique et football trouvent écho dans une vidéo d’Ingeborg Lüscher mettant en scène des joueurs vêtus de costumes d’hommes d’affaires et dans une installation de Kendell Geers regroupant, dans un filet, des visages d’hommes politiques tendus sur des ballons. Tandis que la célébration médiatique de certaines phases de jeux est mise en évidence dans une série de photographies de Robert Davies, les traditions populaires se mêlent au football dans les sculptures de Wim Delvoye ou Javier Rodriguez. La dimension ludique et conviviale de ce sport est notamment traduite par la photographie d’un match entre amateurs d’Andreas Gursky, et sa part émotive liée aux souvenirs et à l’enfance par une série de dessins de Laurent Dandoy, etc.

Si le football est majoritairement considéré comme un sport d’hommes, nombreuses sont les femmes qui ont abordé ce sport au travers de leurs œuvres. Plusieurs d’entres elles sont présentées dans le cadre de One Shot ! C’est notamment le cas de l’installation de Julie Henry qui a développé un projet sur les équipements de supporters qui s’est concrétisé par des cardigans aux motifs populaires tricotés à la main ; de l’œuvre de Priscilla Monge qui a créé un ballon composé de serviettes périodiques féminines ; de la vidéo Marijke van Warmerdam qui aborde le rêve de millions d’enfants à travers le monde d’atteindre le sommet de la compétition footballistique ; ou enfin des images de stades de Maria Zgraggen, imprimées sur des napperons en papier, qui évoquent les clichés et la dualité qui sillonnent notre société.


Le football, en spectacle

Jeu devenu spectacle de masse à l’échelle planétaire, le football est configuré comme une véritable dramaturgie, capable de captiver des millions de spectateurs dans le monde
. One Shot ! traduit cet impact spectaculaire, notamment par le biais des techniques explorées par les artistes : la vidéo et la photographie, deux supports très contemporains, mieux à même de rendre le déroulement d’une rencontre, et qui dominent l’exposition. On retrouvera toutefois également des peintures, dessins ou sculptures, ainsi que des installations. La plupart des œuvres sont inédites en Belgique et plusieurs nouvelles productions ont été commandées à des artistes tels que Patrick Everaert, Pascale Marthine Tayou et Yoann Van Parys.


Le football, l’art et la société, un trio pour s’interroger

Dans le prolongement de ses actions de sensibilisation aux arts contemporains, le B.P.S.22 propose, dans le cadre de One Shot !, un programme pédagogique spécifique
. Des visites commentées adaptées à différents publics proposent des parcours ludiques dans lesquels sont abordées les multiples questions de fond induites par les œuvres exposées : de quoi multiplier les échanges et susciter le débat au cœur de l’exposition ! Un dossier pédagogique développant les multiples phénomènes associés au football qui trouvent écho dans notre société permet par ailleurs au public non-averti d’appréhender les œuvres à l’aide de clés de lecture. Ce dossier comprend également une série de pistes d’exploitation de l’exposition et de références documentaires.

Informations pratiques

Exposition : du 6 mars au 11 juillet 2010, du mercredi au dimanche, de 12.00 à 18.00


Prix d’entrée : 3 €
Seniors et autres réductions : 2 € / Article 27 : 1,25 € / Groupes scolaires : gratuit

Visites guidées gratuites (réservation souhaitée) les dimanches 21 mars, 11 avril, 9 mai, 30 mai et 27 juin à 15h (contact : patricia.paul@hainaut.be)
Animations scolaires gratuites sur rendez-vous, du lundi au samedi, de 9.00 à 17.30 (contact : dorothee.duvivier@hainaut.be)

Adresse
B.P.S.22 espace de création contemporaine

Secteur des Arts plastiques de la Province de Hainaut
Site de l’Université du Travail
Boulevard Solvay 22 B-6000 Charleroi
T : +32 71 27 29 71 - F : +32 71 27 29 70 - http://bps22.hainaut.be

Mardi 11 Mai 2010
olivier charlot
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